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Film promotionnel du gîte


(Film réalisé par Média Bouquetin et Jean-Christophe Lefevre, prises de vues aériennes par Cap Drones.)


Reportage France 3


Presse

– Le Puzzle du bonheur


L’est-éclair :

Le premier « écogîte » de l’Aube déjà très prisé

À Briel-sur-Barse, « Le Charme aux bois » associe architecture traditionnelle et performances en matière d’économie d’énergie

« Le Charme aux bois » a l’allure, au dehors comme au dedans, d’une vieille bâtisse fraîchement restaurée. Eh bien non ! Elle s’inscrit dans le paysage depuis deux ans seulement. Avant ? C’était un verger.

La Fédération des Gîtes de France n’a encore attribué que trois cents labels « Écogîte » : « Ce label est très qualitatif, difficile à obtenir », a rappelé son président, Yannick Fassaert. L’Aube n’en avait pas, la carence est comblée. Situé à Briel-sur-Barse, au sein du Parc naturel régional de la forêt d’Orient, « Le Charme aux bois », avec ses trois épis, une capacité d’accueil de six personnes, un environnement bucolique et son architecture à pans de bois, n’a pas tardé à retenir l’attention : « Une demi-heure après la mise en ligne, les premiers candidats se manifestaient. » Depuis mars, les touristes se succèdent et le gîte est réservé sur quinze semaines.

Un bâtisseur de 23 ans

Si l’aventure touristique est bien lancée, l’inauguration du « Charme aux bois », samedi, a été l’occasion d’évoquer son aventure architecturale. Comme l’a souligné Jean-Christophe Lefèvre, – titulaire d’un BP de maçon et à 23 ans, étudiant en architecture à Paris – l’écogîte qu’il a conçu et réalisé de A à Z répond à un triple objectif, meilleure garantie à ses yeux, d’une moindre consommation d’énergie : utiliser des matériaux de récupération ainsi que des matériaux régionaux et privilégier l’isolation. Les poutres, les tuiles, les briques proviennent d’anciennes constructions, le sable est chaourçois et les dalles de pierre, bourguignonnes. La toiture est isolée par de la laine de mouton et les murs par du béton de chanvre à base de chaux aérienne…

L’écogîte demeure aussi une belle aventure familiale. Pendant deux ans, tous les week-ends, Me Jean-Loup Lefèvre a troqué sa robe d’avocat contre les habits de chantier pour aider son fils Jean-Christophe, lequel a découvert sa passion – d’abord pour la maçonnerie, ensuite pour l’architecture – à quatorze ans, quand il aidait alors son père à agrandir la maison familiale.

Valérie ALANIÈCE


Construire un gîte écolo, le défi de Jean-Christophe

Lorsqu’on le lance sur le sujet, il devient intarissable et ses yeux se mettent à briller… Un peu à l’image du petit garçon qu’il était et qui, à l’arrière de la voiture de ses parents, regardait avec admiration les maisons à pans de bois en se demandant comment ça pouvait bien tenir.

Les années ont passé, mais Jean-Christophe n’a pas oublié son rêve de gosse. La grosse différence avec avant, c’est qu’à 23 ans, il connaît une partie des réponses. Ce qui ne l’empêche pas d’être toujours aussi fasciné par les techniques de construction qu’on utilisait autrefois. « Regardez les vieilles maisons. Sur un territoire donné, elles se ressemblent toutes. Pourtant, elles ont chacune leur personnalité. C’est parce que les anciens utilisaient tout ce qui se trouvait à proximité. C’est tellement simple ! », explique-t-il, fasciné.

De la théorie à la pratique

Et pour comprendre comment « on bâtissait avant », Jean-Christophe ne s’est pas contenté de réfléchir, ni de potasser des manuels. Il y a deux ans, le 29 janvier 2009 très précisément, le jeune homme a concrétisé son rêve. Doté d’une formation en maçonnerie acquise à l’institut universitaire des métiers du patrimoine (IUMP), d’une expérience professionnelle au sein d’une entreprise de maçonnerie puis au sein d’une entreprise de béton préfabriqué, il met à profit la fin de son contrat pour réaliser ce qui devait être au départ sa propre habitation… Seul, de ses mains, à l’aide de matériaux trouvés à proximité et selon des techniques qu’il qualifie lui-même de « simples ». Doté d’un budget de 50 000 €, prêtés par la banque, il s’investit, sans relâche, les week-ends et les vacances, aidé par son père et soutenu par le reste de la famille.

Un peu plus de deux ans après le début des travaux, le résultat est à la hauteur de la passion et de l’investissement de Jean-Christophe pour le projet. Proposée désormais en location, cette jolie maison de 170 m2 est aujourd’hui un gîte, et même un éco-gîte.

Un label réservé aux hébergements conçus ou restaurés selon des techniques ou des matériaux reconnus comme ayant un faible impact sur l’environnement, que « Le charme aux bois » a été le premier à obtenir dans le département.

Le premier éco-gîte du département

Pans de bois récupérés sur une maison démontée à Saint-André-les-Vergers, chanvre et laine de mouton comme isolation, pierre de Bourgogne, l’utilisation de ces matériaux aurait pu justifier à eux seuls l’obtention du label. Mais jusqu’au-boutiste dans ses idées, Jean-Christophe n’en est pas resté là. Ainsi, les toilettes sèches et la phyto-épuration (système d’assainissement par les plantes) ne manqueront pas d’interpeller le visiteur, invité à s’approprier les lieux.

Reprenant le concept du projet, le livret d’accueil explique en quelques leçons comment utiliser des toilettes qui permettent d’économiser 27,5 litres d’eau potable par jour par personne, ou le poêle à bois. Dans ce gîte, l’écologie se vit, elle ne se consomme pas !

« L’écologie sans technologie »

Écolo, Jean-Christophe ? Un terme qu’il ne revendique curieusement pas. « C’est du bon sens. Je me suis adapté à ce que j’avais sur place. Je n’ai rien fait de plus que de réfléchir », répond-il, avant d’admettre : « C’est de l’écologie sans technologie. Un retour à ce qui se faisait avant. »

Complètement à rebours, ou très en avance sur son temps ? Quoi qu’il en soit, à peine labellisé, ce gîte trois épis a rapidement trouvé sa clientèle, comme en témoigne le calendrier des réservations déjà bien rempli.

Blandine Proffit


Construire sa maison : le projet de Jean-Christophe

À 22 ans, Jean-Christophe Lefèvre est en train de concrétiser son rêve de petit garçon : réaliser sa propre maison. Formé à l’Institut universitaire des métiers du patrimoine (IUMP), le jeune homme a d’abord roulé sa bosse dans une entreprise de démolition et restauration, puis comme commercial, avant de se lancer, il y a un an, dans un projet un peu fou : construire ce qui deviendra un éco-gîte (« Le premier du genre au nord de la Loire »), sur la base d’une maison à pans de bois démontée à Saint-André-les-Vergers et remontée à Briel-sur-Barse, et agrandie à partir d’une grange tombée lors de la tempête de 1999.

Aidé par son père, le jeune homme privilégie les matériaux et les techniques écologiques, comme le procédé de construction canosmose qui mélange chanvre et chaux aérienne : « L’enduit durcit au bout de dix minutes. Il faut donc travailler rapidement, et être au moins trois ou quatre. Ce qui explique que ce procédé soit peu utilisé par les entreprises, qui ne s’y retrouvent pas économiquement. »

Pour l’isolation du toit, Jean-Christophe a choisi la laine de mouton plutôt que la laine de verre, intercalée entre des lattages de chêne posés sur des chevrons (de récupération) achetés à la scierie voisine. « Un mètre cube de chêne acheté à la scierie coûte trois fois moins cher qu’un mètre cube de chêne acheté dans le commerce. »

Au final, cette maison de 170 m2 (achevée cet été) aura coûté la somme de 65 000E (soit 382 E du mètre carré). Auxquels, on doit ajouter des milliers d’heures de main-d’œuvre… Pour un résultat qui n’a pas de prix : celui d’avoir réalisé une maison écologique. Et unique.

Blandine Proffit